La théorie musicale évolue avec le temps et grâce aux analyses des compositeurs et des experts en musique. De l’époque mésopotamienne au 20ème siècle, elle a subi de nombreuses modifications.

La naissance de la théorie musicale

La naissance de la théorie musicale remonte à l’ère mésopotamienne. Des tablettes d’origine akkadienne et sumérienne de cette époque le témoignent. Celles-ci énumèrent des intervalles et expliquent comment les instruments à cordes s’accordent. Cependant, différentes théories apparaissent dans différents pays au fil des années. Les cloches de bronze et de pierre découvertes en Chine en 1978 montrent celles qui caractérisent ce pays en particulier. Elles portent des inscriptions qui indiquent la théorie utilisée par les auteurs au temps du Marquis Yi. Une encyclopédie qui s’intitule Lüshi Chunqiu retrace également l’histoire de cette base de l’analyse musicale chinoise.

Pour les Indes, la première théorie écrite porte, entre autres, sur les échelles ou Grāmas, les intervalles ou Śrutis, les instruments, les types et les structures de mélodies. Elles sont l’œuvre du Nāțyaśāstra (entre les années -200 et 200). Dans la Grèce antique, différents ouvrages techniques et philosophiques en parlent. Les premiers décrivent les échelles, les compositions, les rythmes ou la notation. Les seconds indiquent les étapes à franchir pour atteindre un degré de connaissance élevé en musique. Dans les pays arabes, les théoriciens prennent référence sur les Grecs. À partir du 9ème siècle, ils ont créé des échelles spécifiques. Actuellement, de nombreux chercheurs et analyste se penchent sur les études de la théorie musicale. En France, la société française d’analyse musicale se spécialise dans ce domaine, cliquez ici pour en savoir plus.

La théorie musicale avant le 20ème siècle

Au moyen-âge, quelques innovations ont été apportées à la théorie musicale, notamment au mode (division de l’octave sous forme d’échelons médians). À cette période, les ecclésiastiques ont donné naissance à la musique modale dans les pays occidentaux. Ils se basaient sur les ecclésiastiques composés de 4 authentes (dorien, phrygien, lydien, mixolydien) et 4 plagaux (hypodorien, hypophrygien, hypolydien, hypomixolydien). 4 autres modes sont apparus au 16ème siècle dont celui de la ou éolien, de do ou ionien. Puis, le mode de si ou locrien vient s’ajouter à ceux-ci trois siècles plus tard. Comment ces modes sont-ils nés ? Ils viennent d’une gamme de notes particulières dénommée do majeur.

Après le moyen-âge, c’est-à-dire à la renaissance, la théorie musicale continue à se développer. Les compositeurs ont décidé de ne plus se servir que de deux modes : majeur (mode de do) et mineur (mode de la). Ce dernier possède des déclinaisons de gammes mineures (harmonique et mélodique). Cette musique de la renaissance est dite tonale. Elle était dans une situation de quasi-monopole du 17ème au 19ème siècle. Sfam en parle lors de ses colloques et dans le cadre de ses analyses musicales. Au 20ème siècle, des échelles plus modernes viennent détrôner les modes majeurs et mineurs.

La théorie musicale au 20ème siècle

La théorie musicale ne cesse de changer et, au 20ème siècle, des échelles spécifiques apparaissent. Elles découlent des modes de l’époque médiévale et des gammes naturelles ou artificielles. Ce changement débute avec le sérialisme dodécaphonique de l’école de Vienne. Cette école d’Arnold Schönberg se détache des modes majeurs ainsi que mineurs et créée le sérialisme et le dodécaphonisme. L’école de Darmastadt prend exemple sur elle et, à partir de 1945, Stockhausen, Boulez ainsi que d’autres spécialistes mettent en place le sérialisme dit de Webern. Ce vent de changement touche l’Amérique et permet l’apparition d’une musique qualifiée d’aléatoire. Vers 1950, John Cage et d’autres compositeurs insèrent du hasard dans leurs œuvres. Stockausen, Boucourechliev et Boulez le suivent et reprennent son style pour donner vie à la forme ouverte ainsi qu’à la musique semi-aléatoire.

La polytonalité de Darius Milhaud fait partie des théories qui ont marqué le 20ème siècle. Il en est de même pour la microtonalité exploitée par Charles Ives (Américains), Aloïs Haba (Tchèque) ou Ivan Wyschnegradsky (Français). Il s’agit d’une musique qui utilise un quart de ton. Plus tard, d’autres compositeurs essaient d’introduire le 1/3 de ton et le 1/6 de ton dans leurs créations. L’électroacoustique voit le jour au milieu de cette période. Les compositeurs ont inventé deux nouvelles musiques : concrète et électronique. Dans cette optique d’étude et de découverte, la société sfam perpétue les recherches sur la théorie musicale grâce aux analyses et aux évènements qu’elle organise.